Étude de cas
Pro Santé Identité
UI IA
L’appli qui certifie l’identité numérique des soignants, testée deux fois : la satisfaction passe de 3,4 à 4,3 sur 5.
- Rôle
- UI designer, en binôme UX/UI
- Période
- 2025 → 2026
- Contexte
- Agence du Numérique en Santé, via Atos / Eviden
- Outils & stack
- Figma · Prototypes interactifs · Claude Code · Figma Make
Pro Santé Identité (PSI), c’est l’application mobile avec laquelle un professionnel de santé fait certifier son identité numérique et obtient sa e-CPS : la carte de professionnel dématérialisée qui ouvre les services sensibles de la santé, comme la DrimBox, le service d’échange d’imagerie médicale. Personne ne choisit d’utiliser un service d’identité : on y passe parce qu’il le faut, et la sécurité y passera toujours avant le confort. Derrière l’écran, une architecture d’État objectivement complexe (Pro Santé Connect, FranceConnect, France Identité, RPPS) et un public d’un million de professionnels qui n’a aucune raison de la connaître. La question de design : rendre ce parcours traversable sans jamais l’expliquer frontalement.
Les décisions
Guider sans expliquer l’État
La série 1 de tests l’a montré : les frictions n’étaient pas dans les écrans, elles étaient dans le modèle mental. Personne ne distingue Pro Santé Connect de Pro Santé Identité, ni la e-CPS « activée » de la e-CPS « certifiée » ; le RPPS, central dans le parcours, est inconnu de la majorité. Et la finalité avait disparu : rien dans l’application ne disait à quoi tout cela donne accès. Un participant l’a résumé mieux que nous : « C’est comme si j’avais fait 20 km pour aller à Disneyland et que je m’arrête devant la porte. » Le choix : ne jamais expliquer l’architecture, la faire traverser. La terminologie interne (« service national / local ») disparaît, chaque action porte sa finalité en une phrase (« Certifier votre e-CPS vous permettra d’accéder aux services d’imagerie médicale »), et le but du parcours reste visible à chaque étape.
Encaisser le 3,4, corriger, remesurer
Série 1 (janvier 2026, tests menés par l’ANS). 9 participants sur prototype interactif, deux scénarios : création de compte, puis reconnexion. Verdict : 3,4 sur 5. Les frictions étaient précises et toutes réparables. L’écran des identifiants était anxiogène, avec des doublons RPPS inexpliqués. La certification était si rapide qu’elle n’était pas crédible : un clic, aucun retour visuel, doute immédiat. Et un bouton « ajouter un identifiant » était pris pour un gestionnaire de mots de passe.
Les corrections, arbitrées puis intégrées. Refonte de l’écran des identifiants (lien vers l’annuaire santé, doublons expliqués, réversibilité rassurée). Micro-animation de certification pour matérialiser le traitement. Écran de confirmation et mini-tutoriel après la création de compte. Saisie manuelle du RPPS. France Identité mis en avant, avec une porte de sortie explicite.
Série 2 (février 2026). 13 manipulateurs radio, en présentiel dans trois établissements de santé, sur le parcours le plus dur : un professionnel absent du RPPS. Résultat : 4,3 sur 5.
« J’exerce dans » : un mot pour un million d’utilisateurs
L’écran listant les lieux d’exercice s’appelait « Mes structures ». Le possessif était faux : on n’est pas propriétaire du CHU où l’on exerce. « Structures d’exercice » était juste, mais froid et jargonnant. Retenu : « J’exerce dans ». Simple, actif, descriptif de la relation réelle, le CTA « Ajouter une structure d’exercice » portant ensuite la définition. Sur un service d’État destiné à un million de professionnels, ce genre d’arbitrage n’est pas cosmétique : chaque mot mal choisi devient une question posée au support.
- satisfaction mesurée
- 3,4 → 4,3 / 5
- séries de tests
- 2
- participants au total
- 22
La suite de l’arc : le Design System ANS × DSFR puis Ma Certif’ Pro Santé.